11 - Ya Rayah

1997
500
1500
1600
1750
1800
1900
1945
Compositeur : Dahmane El Harrachi / Rachid Taha
Pays : Algérie-France
Date : 1926-1980 / 1958-2018

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Ya Rayah

Distinguer cordes frottées
et pincées, marquer
la pulsation et l'ostinato

Pistes pédagogiques

L'auteur, Dahmane El Harrachi (1926-1980), et l'interprète de cette version, Rachid Taha, ont tous deux vécu l'expérience du déracinement et des statuts respectifs des immigrés de chaque côté de la Méditerranée. Une génération les sépare, celle d'avant et celle d'après la décolonisation.

À la 1ère écoute, laissez les enfants s'exprimer librement. Il sera intéressant de proposer en fin de séquence d'écoute une nouvelle expression libre et de noter l'évolution des gestes, déplacements et attitudes des élèves.

Distinguer les cordes frottées des cordes pincées

En introduction, repérez le luth oriental (oud) et son jeu en cordes pincées. Exprimez les passages des violons et leur jeu en cordes frottées par un geste de la main (accompagné d'un foulard si possible).

Marquer une pulsation

Corporellement (mains, doigts), à l'aide d'objets sonores (crayon, règle…) ou de percussions (tambourin, claves…). Dans l'enregistrement, la pulsation « naturelle » est donnée par le sistre.

Frapper l'ostinato du tambour

(entrée à 22''). Constituez deux groupes avec des timbres distincts (par exemple mains/claves) : l'un frappe les temps du sistre et l'autre l'ostinato rythmique du tambour.

Reproduire vocalement la mélodie du refrain

Chantez la mélodie du refrain à l'aide d'onomatopées, puis avec les paroles :
Ya rayah win msafar trouh taâya wa twali (Ô toi qui t'en vas, où pars-tu ? Tu finiras par revenir)
Ch'hal nadmou laâbad el ghaflin qablak ou qabli (Combien de gens naïfs l'ont regretté avant toi et moi.)

Pistes pédagogiques particulières pour les plus jeunes

Exprimez corporellement le caractère de la musique : laissez les enfants s'exprimer librement à l'écoute de la musique.

Inventer une danse collective

Travaillez sur une partie de l'extrait seulement, par exemple jusqu'à 1min50. Repérez les gestes, les figures ou les pas que les enfants produisent lors de la première phase et inspirez-vous-en pour créer avec eux une chorégraphie. Par exemple, pendant l'introduction du luth oriental, les enfants bougent seuls, forment une ronde à l'apparition des percussions et tournent en marchant sur la pulsation. Lorsqu'ils entendent le violon la première fois, la ronde change de sens. À l'arrivée du thème joué au violon, changez de figure (avancer, reculer, tourner sur soi…) ou de pas. Faites de même à l'entrée du thème chanté.

Repérer l'entrée des instruments

Lors d'une première écoute au coin regroupement, demandez aux enfants de mimer les instruments qu'ils entendent (aidez-les à les visualiser à l'aide d'images ou de photos). Le luth oriental (je gratte), la percussion (je tape et je secoue), le violon (je frotte). Faites remarquer que le luth oriental joue seul, que les percussions lui succèdent, et qu'ensuite les instruments se mêlent, rejoints de temps en temps par des violons (jusqu'à 1min10).

Eléments musicaux caractéristiques

Style de l'oeuvre : chanson du chaâbi, genre traditionnel populaire algérois du début du XXe siècle. La version présentée contribue à en moderniser le style.

Structure de l'extrait :

0'' — introduction au oud
17'' — ostinato rythmique (percussions seules)
22'' — thème instrumental au oud (x2) ponctué par des phrases courtes des violons
53'' — thème identique doublé par le violon (x2) et ponctué par une cithare sur table
à partir de 1min25 — démarrage du chant et alternance de couplets voix / intermèdes instrumentaux / refrains voix jusqu'à la fin

Autour du timbre : le oud (ou luth oriental), instrument à cordes pincées, est très répandu dans les pays arabes, en Turquie, en Grèce, en Azerbaïdjan et en Arménie. Le bendir (tambour sur cadre) et la derbouka (tambour en forme de vase) sont des percussions typiques du monde arabo-musulman.

Autour de la hauteur : les mélodies jouées sur les divers instruments présents n'emploient pas les intervalles de quart de tons, caractéristiques de la musique orientale. Elles sont donc proches des modes occidentaux et s'inscrivent dans une esthétique biculturelle.

Autour de la durée : la pulsation est matérialisée par le sistre.